L’universalité de la condition humaine n’a jamais été si concrète !
Ah,
l’humanité. Souvent divisée, en guerre directe, indirecte, militaire,
idéologique, économique. Empreints de dominations, l’humanité avança. Au
détriment de tout le reste du vivant : nous avons déjà colonisé 33% de la
surface terrestre avec nos élevages industriels et nos engrais chimiques de
synthèse, nous avons « sévèrement altérés » 75% des environnements
terrestres[1]
et nous avons exterminé 60 % des vertébrés – mammifères, oiseaux, poissons,
reptiles, amphibiens – en 40 ans[2].
En dehors de l’aspect moralement insoutenable, on pourrait se dire tant pis.
Mais non : le monde vivant est interdépendant. Rompez la chaîne trophique,
ou alimentaire, et vous exposez à de multiples dérèglements. C’est pourquoi le
titre aurait même pu concerner l’ensemble du vivant, condamné à vivre en
harmonie ensemble, en respectant les équilibres ou condamné à périr ensemble
dans le désordre et le chao, d’ores-et-déjà commencé. Il s’agit de la sixième
extinction de masse, la cinquième était celle des dinosaures. Tout cela pour
démontrer que lorsque l’on parle de dérèglement climatique, il ne s’agit pas
seulement d’inquiétudes pour le futur mais bien aussi d’un constat accablant
sur le passé. Mais tel n’était pas l’objet de cet article.
De l’humanité à la condition humaine : d’un concept abstrait à une nécessaire solidarité.
Le
terme d’« humanité » désigne l’ensemble des membres de l’espèce
humaine. Nous avons toujours cherché à nous élever, à nous distinguer du reste
du monde, nous nous croyons supérieurs. Notre sentiment de supériorité a tout
détruit. Il serait temps d’arrêter de se différencier de la Nature. Concept là
aussi vague où nous avons mis tout ce qui n’était pas nous comme si nous étions
extérieurs au monde qui nous entoure. Quelle illusion ! Quelle suffisance
et quelle arrogance. Voilà où cela nous a mené. Regardons-nous. Ne serait-il
pas tant d’arrêter ? Nous nous sommes divisés du monde dont nous dépendons
mais PIRE : nous nous sommes et nous nous divisons entre nous.
Colonialisme, sexisme, racisme, antisémitisme, esclavagisme, xénophobie,
capitalisme, domination territoriale, validisme, grossophobie, LGBTQIA+phobies
etc… Que de pensées et d’actions destructrices ! Ce sont nos inventions.
Les inventions d’une minorité dominante sur la majorité dominée. Nous nous
sommes ainsi éloignés de notre condition car oui nous avons tous et toutes les
mêmes intérêts, les mêmes besoins existentiels au premier desquels une planète
vivable.
La pandémie du COVID-19 et le dérèglement climatique n’en sont-ils pas les meilleures illustrations ?
Les
enjeux contemporains le montrent avec brio. En une dizaine de jours, tous les
continents étaient touchés, nous avons dû arrêter nos économies
interdépendantes. A ce moment-là, une Australienne était plus ou moins autant
exposée au virus qu’un Brésilien, qu’un Kurde, qu’une Québécoise, qu’une
Néerlandaise, qu’un indien, qu’une Afghane ou bien qu’un Turc par
exemple ! Pire : les pays les plus riches se sont accaparés les
vaccins au détriment des autres. Vis-à-vis
de l’’urgence climatique, cela est encore plus cynique. Nous vivons tous sur la même planète. Mais les pays les plus riches l’ont
détruit et ce sont les plus pauvres qui vont en subir les conséquences les plus
ravageuses. Pas trop vite : nous serons vite rattrapés par les 250
millions de migrants climatiques d’ici 2050. D’abord intercontinentaux, ils
vont générer des guerres et des conflits pour s’hydrater, se nourrir et se
loger. Ces luxes nous paraissent si banals. Ils ne le sont que dans notre
illusion occidentale. Cela fait bien longtemps que l’illusion de l’abondance
n’est plus partagée ni en fonction du pays dans lequel on vit ni en fonction de
notre revenu même au sein d’un pays riche. Les différentiels sont immenses.
« Vivez simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » – Gandhi.
Il serait temps de s’en rendre compte. Si tout le monde avait le même salaire au
niveau mondial : celui-ci s’élèverait à 1300 euros. Etre au-dessus :
c’est voler son frère ou sa sœur. Lui dérober son droit à une existence digne.
Il serait temps de sortir de nos doux rêves. Pour mesurer la chance que l’on
a et ne pas en abuser pour la donner à d’autres.
Pour
finir sur une note positive : une fois la prise de conscience passée, il
n’y a rien de plus excitant. Il nous faut tout réinventer, tout réimaginer pour
répondre à ses défis. Coopérons, pensons
et nous trouverons. Gloire et paix pour l’humanité universelle. Véritable
peuple humain.
[1] « Biodiversité.
Les 15 chiffres inquiétants qui illustrent l'ampleur de la crise », Ouest
France, publié le 06/05/2019 à 12h06 et consulté le 31/10/2022 à
17h13 et consultable ici Biodiversité. Les 15 chiffres inquiétants qui
illustrent l'ampleur de la crise (ouest-france.fr).
[2] WWF, rapport planète vivante de 2018. Consultable sur son site ou bien dans l’article qui suit : « WWF pointe la chute de 60% du nombre d'animaux sauvages en 44 ans », RFI avec AFP, publié le 30/10/2018 à 09:03 et modifié le : 30/10/2018 à 10:25, consulté le 31/10/2022 à 17h27 et consultable ici : WWF pointe la chute de 60% du nombre d'animaux sauvages en 44 ans (rfi.fr).

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