Pas de majorité politique et sociale dans le pays pour Macron et les néolibéraux !

 Pas de majorité politique et sociale dans le pays pour Macron et les néolibéraux !


Macron et ses sbires néolibéraux n’ont pas de majorité politique et sociale dans le pays pour appliquer leur « programme » ! La campagne présidentielle n’a pas tranché les grandes questions auxquelles doit faire face le pays aujourd’hui et dans les années à venir. Macron a été élu par défaut sans présenter de programme. Nous allons revenir ici sur la situation politique de la France après les présidentielles et les législatives en ce mois de septembre 2022 avec un peu de recul. Le bilan est nécessaire alors que Macron va profiter de la rentrée pour appliquer ses réformes anti-sociales.

Quelle situation politique pré-présidentielle ?

Pendant des mois et des mois, les sondeurs et les médias ont organisés un duel. Le même qu’en 2017. Entre l’extrême-droite et l’extrême-marché. L’un macroniste, l’autre lepéniste. D’accord sur le projet économique : pas de hausse réelle des salaires[1] ni du SMIC et pas de remise en cause des inégalités. Ainsi pendant des mois et des mois les médias ont rabâché les questions identitaires et sécuritaires sans se soucier des préoccupations réelles des Français·es que sont le pouvoir d’achat et la crise climatique (encore plus après cet été). La bulle médiatique se met en place et les sondages font l’élection. La fabrique de l’opinion…

Le contexte était dure. Fin de crise sanitaire qui a fait chanceler Emmanuel Macron dans l’opinion. Mais et c’est en grande partie grâce à cela qu’il est élu : Poutine agresse militairement l’Ukraine et une crise géopolitique a éclaté en Europe. Macron joue la stature du président protecteur et indispensable. Il retarde son annonce officielle. Ayant déjà les parrainages et un site internet, drôle de façon de faire… Si ce n’est pour profiter de la situation ! Garder une stature confortable de président au-dessus de la mêlée. Au lieu d’être un candidat vulnérable. Au vu du résultat : dangereux démocratiquement, stratégiquement payant.

Programme et campagne de Macron

Macron est entré en campagne très tard. Pire : à la dernière minute. Le président de la République a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle dans une lettre adressée aux Français publiée en ligne jeudi 3 mars au soir, pour une parution le lendemain dans la presse régionale. Le secret de polichinelle est donc brisé. N’ayant plus le choix, le limité de dépôt des candidatures était fixé… le vendredi 4 mars au conseil constitutionnel. Les candidats étant officiellement annoncés le lundi 7 mars. Il n’a donc fait campagne pendant un mois à peine : la période de réserve commençant le 8 avril.

L’effet de la guerre en Ukraine (dit « effet drapeau » par les médias) s’estompe il passe de plus dev 30% à moins de 25% et finira à 28%. Il ne fera qu’un seul meeting. A force de le connaitre, nous étions habitués à ses grandes phrases vides et « consensuelle ». Dans un sens fort peu démocratique puisqu’il énonce des valeurs universelles comme la dignité, la liberté et la paix sans dire concrètement comment il va faire. On ne peut faire moins hypocrite que sa stratégie : payante toujours. Pas moins diabolique.

Le programme n’est même pas intitulé comme tel. Il s’agit d’un « projet » mais quel mépris. Il n’y a aucun cadre idéologique. Aucune ligne mais quelque marquage à droite. Un PDF de 25 pages. Quelques saupoudrages. Travailler plus avec la retraite à 65 ans et le conditionnement du RSA (585€) à 10 à 20h de travail par semaine. Dans l’entre-deux tour, un sondage parait : 77 % des Français estiment que Macron doit retirer de son programme le projet de retraite à 65 ans. Bref Macron n’a pas été élu sur son projet. Il n’a donc pas de légitimité politique.

Conditions d’élections de Macron, tripartition de la vie politique française : un pays plus fracturé que jamais

Nous allons analyser dans cette partie les résultats d’Emmanuel Macron pour démontrer que Macron n’a pas la légitimité électorale pour appliquer son programme. Désolé mais les chiffres risquent d’être nombreux ! Emmanuel Macron a été élu à 58,55% des votes exprimés contre 41, 45% pour Marine le Pen au second tour. Emmanuel Macron a perdu près de 2 millions de voix entre les deux présidentielles. Marine Le Pen en a gagné près de 3 millions[2]. La troisième candidate fait également mieux : l’abstention passe de 25% des inscrit·es à 28,01% ! En augmentation d’un million et demi[3].

Regardons les résultats de nos deux finalistes en pourcentage des inscrit·es… Macron a été élu avec 38,52% des inscrit·es du fait de l’abstention. Mme Le Pen a été battue avec 27,28% des inscrit·es. Mais pire que ça ! Macron n’a pas susciter l’adhésion à 100% loin de là. Les sondages post-présidentiel converge pour nous donner la part de ceux qui ont vraiment voter pour lui et ceux qui l’ont fait pour faire barrage à Le Pen. Selon celui-ci 42% des votants auraient voté pour lui pour faire barrage à Le Pen et « seulement » 58% parce qu’il s’agit d’un « bon président »[4]. Ainsi la côte d’adhésion à Macron se situe de l’ordre de 58% de 38,52% soit 20, 0304%. Le pourcentage serait encore davantage bas si l’on prenait en compte les non-inscrit·es, soit quelques 6 millions de personnes en 2017. Et seulement 10 892 290 Français·es ayant voté·es pour lui. Ce sur un total de 48 752 339 inscrit·es d’après le ministère de l’intérieur. Macron a donc été élu près d’un cinquième des inscrit·es et un septième de la population. Macron n’a donc pas de légitimité électorale à mon sens.

Alternatives : ce que veulent les Français·es…

D’après une étude publiée en aout 2021 par Harris Interactive[5] pour la France Insoumise, les Français·es plébiscitent largement les propositions écologiques et sociales du candidat pour la présidentielle 2022. L’augmentation du SMIC[6], le blocage des prix, le passage à la retraite à 60 ans, la semaine de 4 jours sont largement plébiscitées de l’ordre de 60 à 89% ! De même, pour la cantine bio et gratuite, la planification écologique et l’investissement massif dans la bifurcation écologique par exemple. Mais aussi pour la 6ème République et le referendum d’initiative citoyenne (RIC), la suppression de BAC (=Brigade anti-criminalité) et la légalisation du cannabis (le moins consensuel avec 59% tout de même). Alors : un autre monde est encore possible ! Et le peuple le souhaite.



[1] Les deux misant sur la baisse des cotisations sociales, du salaire différé.

[2] Les chiffres exacts sont respectivement de 1 963 319 et de 2 659 251 voix.

[3] Précisément : 1 554 214 voix.

[6] A 1400 euros net à l’époque avant que l’inflation ne s’emballe. Désormais 1500 euros net.

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