Une politique énergétique dont on ne dira pas que « c’est un échec mais que ça n’a pas marché » !
Cet article est le début d’une série de trois billets sur le thème de l’énergie. Ce premier – généraliste – pose le contexte et ouvre quelques pistes de réflexion. Celui qui suivra vise à éclairer le débat sur la composition du mix énergétique. Le second à la fois sur EDF et les politiques européennes d’ultra-libéralisation de l’énergie. Avant de nous pencher sur le concept de sobriété et la stratégie gouvernementale en la matière. Cet article sera publié au mois de novembre dans le journal du Lycée Marcelin Berthelot – La Mouette Bâillonnée.
Dépendance énergétique…
La crise écologique est commencée. Les énergies fossiles doivent laisser leur place immense (69,9% en Europe en 20201) aux énergies peu carbonées (30,1%). La décarbonation trop tardive nous rend vulnérable. Qui plus est avec la survenue de l’agression « Russe » en Ukraine. Vladimir Poutine utilise notre dépendance comme d’une arme géopolitique : de fait, les importations extra-européennes de pétrole (29%), de gaz (43%) et de charbon (54%) sont issues de Russie2. Tant et si bien que l’Union Européenne importe 57,5% de son énergie brute disponible (un chiffre stable par rapport aux années 2000 : 56,3%). Par ailleurs, ces importations énergétiques (44,5% en France) contribuent au déficit commercial déjà abyssal de notre pays (-84,8 milliards d’euros en 20213).
… impuissance politique néolibérale !
Dans un premier temps, notons que rien n’a été ni prévu, ni planifié. Aucun plan massif d’investissements dans les renouvelables – dans les précédents quinquennats – aucune vision stratégique claire et un débat pris en étaux par un lobby nucléaire de plus en plus puissant. Résultats : Fessenheim est fermée, l’EPR de Flamanville encore en retard… Et nous voilà remis entre les mains du Dieu marché…
D’une augmentation conjoncturelle des prix de l’énergie à une augmentation structurelle…
D’abord liée à la reprise d’une économie post-covid puis à la raréfaction de la ressource suite aux pressions exercées par Poutine, l’augmentation des prix de l’énergie risque de durer. Elle va devenir conjoncturelle, c’est-à-dire qu’elle va durer à cause de la diminution des ressources naturelles disponibles et peu carbonées, sans utilisation d’intrants etc… Rappelons également que cette hausse est liée aux mécanismes archaïques de marché qui dès lors que l’offre se tend avec une demande similaire font augmenter les prix. Il devient impératif de de-libéraliser le marché européen de l’énergie tout en sécurisant notre approvisionnement en investissant massivement dans les renouvelables. En effet, les prix de l’énergie ne peuvent plus se permettre de fluctuer en permanence mais doivent être garantis par l’état. EDF n’a que trop souffert du dit « bouclier tarifaire » avec une dette de 65 milliards d’euros4. Il est temps de s’attaquer aux causes et d’arrêter de s’efforcer de multiplier les pansements couteux pour l’état, juteux pour les pétroliers écocidaires.
Une nécessaire sobriété !
4 Estimation, fin 2022, https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-les-syndicats-alertent-le-conseil-sur-la-sante-financiere-du-groupe-1413523
5 Alternatives économiques n°426, septembre 2022, page 66, article « transition écologique cherche gouvernance », https://www.alternatives-economiques.fr/transition-ecologique-cherche-gouvernance/00103874.
6 Les délaissés, Thomas Porcher, page 203, Les délaissés, Thomas Porcher, page 203
7 IDDRI, A. Rüdinger, chercheur à l’IDDRI, « La rénovation thermique des bâtiments en France et en Allemagne : quels enseignements pour le débat sur la transition énergétique ? », Working Paper IDDRI, n°7, 2013 https://www.iddri.org/fr/publications-et-evenements/document-de-travail/la-renovation-thermique-des-batiments-en-france-et
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