Non à la contre-réforme des retraites de Macron !
C’est lui qui en parle le mieux
« Tant qu’on n’a pas réglé le
problème du chômage dans notre pays, franchement, ce serait assez hypocrite de
décaler l’âge légal de la retraite. Quand aujourd’hui, on est peu qualifié,
quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est
soi-même en difficulté, qu’on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour
arriver à 62 ans ! C’est ça, la réalité de notre pays. Alors, on va
dire : « non maintenant, il faut aller jusqu’à 64 ans ! »
Vous ne savez déjà plus comment faire après 55 ans. Les gens vous disent :
« les emplois ne sont plus bon pour nous ». C’est ça la réalité C’est
le combat qu’on mène. On doit d’abord gagner ce combat avant d’aller expliquer
aux gens : « mes bon amis, travaillez plus longtemps. C’est le délai
légal ! » Ce serait hypocrite ». Conférence de
presse d’Emmanuel Macron, le 25 avril 2019. Le projet sera annoncé mi-janvier
et il est probable qu’ils essaient par 49.3 dans un projet de loi de finance
rectificative (PLFR) pour économiser un 49.3. En effet, l’usage
anti-démocratique du 49.3 pour qu’un texte soit adopté sans vote est illimité
sur les textes budgétaires alors qu’hors textes budgétaires, le Gouvernement
est limité à un par an. Par cette manœuvre, il cherche à économiser sa précieuse
ressource…
La contre-réforme des retraites sera très probablement
de repousser l’âge l’égal de 62 à 64 ou 65 ! Qu’importe, cela est une
folie dans les deux cas. De plus, Macron avait promis pendant sa campagne de
revaloriser les petites retraites avec un minimum à 1 100€ par mois. Après
l’élection, cela ne concernait plus que les nouvelles retraites avant de disparaitre.
Pire : cela est déjà voté par l’Assemblée nationale depuis le début des
années 2000. Il suffit de le remettre à l’ordre du jour et c’est déjà applicable !
Honte à eux de mentir ainsi. De manipuler de la sorte. C’est comme ça que le FN
monte !
Il ne s’agit pas dans cet article de
dresser toutes les raisons – économiques, sociales, écologiques – qui poussent
à conclure sur son inutilité et sa négativité. Pour en savoir plus sur ces
aspects, vous pouvez consulter les multiples vidéos référencées dans la
playlist YouTube suivante : https://youtube.com/playlist?list=PL-ahbNUC7Kil5t2X0MIhuHgXbvrt6ZVZf.
On se concentrera ici sur les aspects purement démocratiques, trop souvent écartés.
Réforme et contre-réforme
C’est une question de vocabulaire qui peut
paraître hors de propos mais elle est pourtant essentielle pour gagner la
bataille de l’« hégémonie culturelle » ! Cette distinction est
faite par les militants syndicaux pour dénoncer des réformes qui leur sont
défavorables, des réformes qui sont défavorables à la majorité des Français.
Or, de manière générale, on tendance à considérer que le terme « réforme »
désigne une amélioration. Le pouvoir en place assène ce qu’il appelle ses « réformes »
et c’est au peuple d’user du préfixe « contre- » pour démontrer son
opposition à ce qui va – à l’instar de la réforme des retraites de Macron-Borne
– dégrader sa situation. Voilà pourquoi on parle de contre-réforme des
retraites !
Une erreur politique dans la continuité des dénis de démocratie
Le 29 mai 2005, les Français disent
majoritairement « non » au traité établissant une Constitution pour
l'Europe à hauteur de 54,67 %. Pourtant, un nouveau traité, le traité de
Lisbonne, est créé pour remplacer ce traité constitutionnel. Il reprend la
majorité des changements qui se trouvaient dans le traité constitutionnel, mais
sous forme d'amendements. Son principe est arrêté le 23 juin 2007 lors du
Conseil européen de Bruxelles et son texte approuvé par le Conseil européen de
Lisbonne le 19 octobre 2007. Réuni le 4 février 2008 en Congrès à Versailles, le
Parlement a approuvé la révision constitutionnelle : 560 parlementaires ont
voté pour, 181 contre, et 152 élus se sont abstenus. La loi autorisant la
ratification du traité de Lisbonne a ensuite été adoptée par l’Assemblée
nationale le 7 février et par le Sénat le 8 février 2008. Signée par le chef de
l’État, la loi a été publiée au Journal officiel le 14 février 2008.
Contre la « volonté générale », contre la « souveraineté
nationale », le texte a été adopté. L’Europe ordo-libérale s’affirme, sans
le peuple.
De même pour la contre-réforme
des retraites, le peuple est majoritairement contre ! Et de manière écrasante.
Analysons un sondage[1].
Rappelons d’abord que depuis que les
Français sont sondés sur le sujet, ils n’y ont jamais été majoritairement
favorables. Il s’agit d’un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le
Figaro réalisé du 20 au 21 septembre 2022. Les Français sont une majorité
(55 %) à ne pas vouloir qu’un débat sur l’âge légal du départ à la retraite soit
relancé. Seuls les sympathisants de Renaissance (84%) et des Républicains (60%)
souhaitent que cette réforme aboutisse. A l’exact opposé, seuls 21% des proches
des Insoumis et 29% de ceux du Rassemblement national souhaitent que cette
réforme soit relancée. Rappelons par ailleurs que seuls la NUPES propose une
réforme des retraites. Marine Le Pen a renoncé à la retraite à 60 ans et
souhaite comme Macron une contre-réforme.
Les Français veulent majoritairement une réforme
heureuse : ils sont 72 % à juger que le système peut être réformé sans
toucher à l'âge légal de départ à la retraite. Une opinion largement partagée
au sein des principaux courants politiques (85 % chez les sympathisants LFI et
RN, 82 % chez les socialistes et 76 % chez les écologistes), à l'exception là
encore des soutiens de la majorité (40 %) et des Républicains (43 %).
Non à la retraite à 65 ans ! Oui à la
retraite à 60 ans pour tout le monde et à 55 ans pour les métiers pénibles avec
pas de retraite avec une carrière complète en dessous du Smic revalorisé à
1600€ net par mois et pas de retraite en dessous du seuil de pauvreté même pour
les carrières incomplètes ! Voilà le progrès Mme BORNE & Co ! Il
faut un référendum pour trancher. Face au péril fasciste et à la tentation
autoritaire, faisons triompher le Gouvernement du peuple, par le peuple, pour
le peuple.
[1] « Les Français majoritairement opposés à la
relance de la réforme des retraites, selon un sondage », Le Figaro, par
Jean Cittone, publié le 21/09/2022 à 17:02, consulté le 23/12/2022 et
consultable ici : https://www.lefigaro.fr/politique/les-francais-majoritairement-opposes-a-la-relance-de-la-reforme-des-retraites-selon-un-sondage-20220921.

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