Vive l’impôt et l’inflation !

Vive l’impôt et l’inflation !

L’impôt et l’inflation sont les grands ennemis des libéraux. Depuis toujours… Mais, depuis, certain.es progressistes critiquent ces instruments économiques de manière illégitime, ou tout au moins de la mauvaise manière. Tant et si bien qu’ils se rapprochent, inconsciemment vers les mêmes libéraux qu’ils prétendent pourtant combattre. Éclaircissons tout cela.

Vive l’impôt comme vecteur principal de la redistribution !

« Trop d’impôt tue l’impôt », qui n’a pas entendu ce mantra, très souvent mal interprété et dévoyé. Le but, ici, n’est pas d’en faire l’exégèse mais bien de relégitimer l’impôt qui est décrié à la fois par les libéraux et … les classes populaires ! Ce qui peut sembler des plus paradoxal.

En réalité, ça ne l’est pas. La question n’est pas vraiment s’il faut plus ou moins d’impôt, mais bien quel impôt nous voulons. Se pose alors la question du consentement à l’impôt et de l’efficacité système socio-fiscal français. La réalité, c’est qu’il est de plus en plus injuste ! Les impôts progressifs sont allégés – baisse du taux marginal de l’impôt sur le revenu et imposition des successions – si ce n’est pas (quasi-)supprimé comme cela fut le cas pour l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). Les impôts indirects, soit sur la consommation se multiplient au détriment de ceux directs sur les personnes. Or, les plus pauvres consomment plus et épargnent moins : ils sont donc pris en étau par ces évolutions fiscales anti-redistributives et le consentement à l’impôt s’effrite.

Et pourtant : l’impôt permet largement de faire reculer les inégalités. Et il devrait le permettre encore davantage, c’est une évidence. Il faut donc baisser la TVA tout en veillant à ce que les entreprises n’alourdissent pas encore leurs marges. Il faut aussi lisser les tranches de l’impôt sur le revenu pour qu’il soit davantage progressif. Il faut enfin instaurer une véritable imposition des successions, le patrimoine creusant de manière abyssale les inégalités.

Vive l’inflation pour « euthanasier les rentiers » capitalistes !

Telle était la position de Keynes. Il affirmait ceci : si l’inflation est supérieure au taux d’intérêt, alors les rentiers verront leurs revenus du patrimoine diminuer. L’inflation amoindrit donc, dans une certaine mesure, la concentration capitaliste de la production de richesse du travail. L’inflation permet aussi de grignoter les dettes des États, les relégitimant dans leur action.

Il est incontestable que l’inflation est décriée aujourd’hui parce qu’elle réduit le pouvoir de vivre de celleux qui la subisse. C’est une réalité. Mais ce n’est pas l’inflation qui est par essence le problème. C’est le non-rattrapage des salaires sur l’inflation. C’est pourquoi il faut réinstaurer l’échelle mobile des salaires, au moins pour les faibles revenus. Le FMI, oui lui, a même rappelé récemment qu’une boucle prix-salaire n’avait rien de scientifique et certain. L’institut La Boétie a même mis en exergue une boucle prix-profit, tirant l’inflation vers le haut. Lutter contre l’accaparement de la plus-value par les capitalistes doit être au centre de nos revendications, évidemment aussi.

 

Il n’a en définitive rien d’évident à « combattre l’inflation » en soi et à fustiger « les impôts » avec la meute macroniste.

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