Discours caricatural des dérives macronistes sous fond de banalisation de l’extrême droite
Une fois n’est pas coutume, me voilà, mercredi 6 juillet 2022 sur le direct du Sénat pour suivre le discours de politique générale de Mme Borne et surtout les réactions des différentes « oppositions ». L’objectif initial étant de m’enivrer de discours aussi passionnant que ceux de Mathilde Panot (LFI-NUPES), de Julien Bayou et de Cyrielle Chatelain (ECO-NUPES), Boris Vallaud (PS-NUPES) et André Chassaigne (GDR-NUPES). Les groupes de gauche à l’Assemblée. Visiblement seule opposition.
Voir son discours ici de 22:58:12 à 23:07:42 http://videos.senat.fr/video.2943883_62c5b2978b7e0.seance-publique-du-6-juillet-2022-soir
Pour voir la retranscription du discours des pages 2278-2280 http://www.senat.fr/seances/s202207/s20220706/s20220706.pdf
Néanmoins, un autre discours a retenu – à regret – mon attention. Non pas que les discours des trois groupes de gauche[1] était ennuyant, mais que celui d’un des nombreux groupes dits « centristes »[2] en réalité de droite était survolté. Applaudis régulièrement et triomphalement à la fin par les quatre groupes de droite (voir note 2), le sénateur déroule avec calme dans le débit mais sauvagerie dans les mots un discours remplis de caricatures. Il se joue du Républicanisme et de la démocratie en confondant la gauche (trop à gauche pour lui) et l’extrême-droite qui menace notre République. Il accuse avec véhémence la « gauche de gouvernement » et méprise les oppositions démocratiques, sociales, écologistes et républicaines. Peut-on l’excuser par le fait qu’il était 23h ? Non. Il sait parfaitement ce qu’il fait. Tout est calculé, en bonne marionnette de la macronie. Cet indépendant, de quoi on ne sait pas, ce qui ne veut de fait pas dire grand-chose, est bien la continuité d’une dérive banalisant l’extrême droite qu’ils prétendent combattre.
Le coupable est le sénateur LIRT (voir note 2) Claude Malhuret. Militant d’extrême gauche en tant que soixante-huitard, le Claude de 72 ans n’est plus celui de 18 ans. Travaillant dans l’humanitaire et proche de Bernard Henry-Levy dans les années 70, il finit par exercer moultes fonctions politiques : secrétaire d’État, député, député européen, maire de Vichy pendant près de 30 ans, sénateur et désormais président de groupe. Il a co-fondé pour le collecteur de données personnelles « Doctissimo » et a dirigé le groupe d’Ehpad privé Korian accusé à de multiples de maltraitance entre autres. Longtemps membre des Républicains, il a senti le vent tourner en 2017. Pour mener des politiques libérales antisociales, c’est chez Macron ! Co-fondateur d’agir par opportunisme ? Rejoignant Horizon en 2021 par carriérisme ? Avec un poste à la clé sous un présent Philippe en 2027 ? Mais non, il est humanitaire ! Et à droite, on s’engage pour des convictions évidement : qui pourrait en douter ?
Nous allons donc analyser autant les éléments de langage que les arguments de fond – en considérant ‘respectueusement’ que cela en est même si à titre personnel je doute – les vider de leur maigre substance et expliquer en quoi ce genre de propos et d’attitudes respectabilise l’extrême-droite au dépit et au mépris de la République et de la démocratie. Dans un premier temps, je souhaitais opter pour une analyse thématique avant de me rendre compte de la pauvreté du discours à ce niveau-là me rabattant de fait sur une analyse linéaire sur des passages choisis et significatifs. Commençons…
Confusionnisme, banalisation de l’extrême droite, voilà de quoi ce discours est le nom !
Après quelques boutades sur le fait que chacun se prononçait comme étant le vainqueur des élections, il assène que « les deux vrais vainqueurs de ces élections sont le populisme et l’extrémisme ». Ils y en auraient « deux » ! Il prend l’omelette et la coupe des deux côtés comme on dit. Le fameux ni l’extrême-gauche, ni l’extrême-droite. Je prophétise évidemment mais qui suit les débats nauséabonds sur les chaines d’infos en continu ne peut avoir de doutes. Cette rhétorique dangereuse ayant été celle de la minorité présidentielle battue. Ensuite, le populisme et l’extrémisme auraient gagné ! Tous aux abris. Plus sérieusement, ces termes sont sujets à des interprétations multiples et divergentes selon les individus et leurs positionnement politique et géographique. Commençons par l’extrémisme, ce terme va être répéter de nombreuses fois au cours du discours. Je pense que l’on peut se mettre d’accord sur deux lignes infranchissables en République engendrant ou étant par essence de l’extrémisme : la violence et la discrimination[3]. Je reprends cette analyse à Jean Castex. Simpliste. Certes elle l’est. Elle demeure efficace. Et faute de mieux, je la conserverais. Nous la réutiliserons, une fois que monsieur le député aura précisé sa pensée. Reprenons. Le populisme fait référence au peuple. Cafouillage par excellence : premièrement pour définir le terme de « peuple », deuxièmement pour interpréter et donner un contenu au terme en « -isme » ! Cela mériterait un article dédié, même si le sujet ne me passionne guère. En quelques mots donc : il est associé dans sa version réactionnaire et nationaliste à un peuple fantasmé et par son identité supérieure aux autres ; dans sa version plus « progressiste »[4], il instaure une rivalité peuple-élite, pauvreté du peuple, richesse des élites ; il s’agit donc de défendre dans les deux cas le peuple bien que les interprétations et les objectifs poursuivis ne soient pas les mêmes voire opposés. Continuons…
« Lorsque, au premier tour de l’élection présidentielle, les extrêmes recueillent 57 % des suffrages, lorsque les uns multiplient le nombre de leurs députés par cinq et les autres par dix, tous les partis démocratiques reçoivent une gifle, tous ! » Nous y voilà ! L’amalgame est fait ! « Les extrêmes »[5] désignent ainsi à la fois ce qu’il considère comme étant l’extrême-droite et l’extrême-gauche. Directement visés par le nombre de députés avancé, LFI et le RN sont mis sur un pied d’égalité. Mettant ainsi sur le même plan gauche au programme réformiste – Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel – et l’extrême-droite la plus rance d’Europe, inutile d’en rappeler les trois guignols, bouclier fasciste du grand capital, M. Malhuret s’empêtre dans une forme de confusionnisme. Celui-ci banalise l’extrême-droite qui : 1/ ne (re)gouvernera jamais la France car une majorité de Français n’en veulent pas. 2/ ne sert que le grand capital, permettant aux libéraux, minoritaires dans la société, à être élu pour faire « barrage » !!! J’aimerais croire à ma première affirmation, mais Mme Le Pen a (il faut le reconnaitre) réussit son entreprise de dédiabolisation. Bien aidée par ses amis milliardaires à la tête des médias. La gauche insoumise et du PCF[6] est ainsi qualifiée par ce cher monsieur comme étant « anti-démocratiques »[7]. Ce sont par leurs propositions les plus conséquents dans ce domaine. L’extrême-droite est en revanche par sa nature et son histoire anti-démocratique, je le crois. Ce que je reproche à M. Malhuret est le confusionnisme instauré. Il sert ainsi la soupe au Rassemblement national qu’il prétend combattre. Radicalise les positions, n’employant aucuns arguments concrets. Dis autrement : il fragilise la république par ses approximations et sa complaisance vis-à-vis du RN[8].
Je vais essayer de continuer en appauvrissant volontairement les commentaires au risque d’être trop long et de me répéter. « La vague de populisme qui frappait les démocraties et qui avait donné Trump, Bolsonaro, le Brexit, Orban et quelques autres. » Que des exemples d’extrême-droite sont donnés. Volontairement, car la France SERAIT exposée à un danger plus important encore !!!!!!!! Contrairement aux autres pays où le populisme n’est que d’extrême-droite : « Chez nous, où l’école apprend aux élèves à adorer Camille Desmoulins et à préférer Robespierre à Tocqueville, il est coupé en deux, ce qui l’empêche d’arriver au pouvoir. Pour le moment... » Confusionnisme encore et toujours. Robespierre et Desmoulins font évidemment référence au républicanisme social le plus fort lors de la Révolution française. Aveuglé par son idéologie, dommage qu’il ne les voie pas du même œil que moi. Fabrique de la peur en évoquant la possibilité de l’arrivée au pouvoir[9] d’un salut écologique et social, Mélenchon ou des poubelles de l’histoire, Le Pen. Bien qu’il ne le conçoive pas comme moi ! Référence au fameux les extrêmes se rejoignent » avec son découpage en deux pour lui salutaire, historiquement et idéologiquement évident pour tout militant, politiste et historien qui se respecte !
Il le dit plus clairement ici ! Mais qu’il est prévisible ! « Les extrêmes sont moins éloignés l’un de l’autre qu’on ne le pense. Ce qui les rapproche est bien plus fort que ce qui les sépare : la haine de l’Europe et de l’OTAN, l’anti-américanisme, Assad, Poutine, le dossier de l’Ukraine, celui des retraites, les programmes économiques délirants, le complotisme, le soutien aux « antivax » et aux fakes news, la posture tribunitienne, l’obsession du soupçon et de la dénonciation. » Cela demande un certain développement (rapide tout de même) point par point. L’Europe. L’extrême-droite hait l’Europe parce qu’elle est nationaliste et identitaire et que son obsession nationale l’empêche de voir plus loin. Je ne déteste pas l’Europe. Mais je souhaite la changer pour pleins de raisons autant démocratiques, que sociales, qu’écologiques etc… L’OTAN et l’anti-américanisme. Le Pen le fait par opportunisme pour l’argent des dictateur – évoqué ci-après – alors que la gauche concernée le fait pour défendre les droits-humains et l’indépendance de la France. Indépendance militaire et souveraineté stratégique, ni plus ni moins que ce qui guidait autrefois De Gaulle. L’Ukraine ? Je ne me sens pas concerné par les copinages avec Monsieur Poutine et Mme Le Pen est tellement restée discrète sur le sujet que je ne peux faire plus de commentaires… Les retraites. Je suis favorable à la retraite à 60 ans à taux plein avec 40 annuités. Pas Le Pen. Les programmes économiques délirants ? Celui de l’Union Populaire était chiffré, celui de le Pen était libéral. S’en suive des accusations variées destinées à faire peur mais dont les fondements restent flous : « le complotisme, le soutien aux « antivax » et aux fakes news, la posture tribunitienne, l’obsession du soupçon et de la dénonciation ». Si ce n’est que le RN et l’UP[10], sont (bien plus la seconde que la première qui est fantoche sur le plan central, le plan économique) des oppositions. Ce que semble mépriser l’auto-proclamer démocrate Claude Malhuret. Mais un démocrate qui n’accepte aucune possibilité de défaite, peut-il être considéré comme tel ? Poursuivons…
Il considère maintenant ce qui « nous » rapprocherais : « Leur hybridation, que certains croient impossible, gagne chaque jour du terrain : considérez les transfuges, les militants qui se font des clins d’œil ou encore les reports massifs du deuxième tour des législatives. » De quels transfuges parle-t-il ? A quels clins d’œil fait-il référence ? En réalité, sur les marchés, nombreux sont les militants de droite copinant avec le RN voir Reconquête! alors que, en tant qu’insoumis-NUPES, nous sommes plutôt dans une relation conflictuelle avec eux. Les reports massifs ? Ce n’est pas ce que les sondeurs mettent en avant pourtant puisque les reports de voix de droite sur l’extrême droite ont été d’autant plus important que de la gauche vers celle-ci.
« En outre, il y a chaque jour un peu moins de différence entre la xénophobie des uns et le racialisme des autres, qui hiérarchisent les gens selon leur degré de mélanine. Est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui croit que Taha Bouhafs ou Danièle Obono, l’amie de l’antisémite Corbyn, sont antiracistes ? » J’ai déjà consacré un article sur le prétendu antisémitisme de Corbyn[11], je ne reviens pas dessus. Il relativise le racisme de l’extrême-droite ! Traite Taha Bouhafs de raciste. Et reprend le vocable répugnant de l’extrême-droite avec la fameux « racialisme » ! Drôle de façon de la combattre !
« La France voit s’affronter un pôle européen et républicain et un pôle populiste et nationaliste, le « lepéno-mélenchonisme ». » Apogée de la névrose confusionniste ! Invention d’un mot valise à vomir. Je ne reviens pas sur le terme de populisme, sur l’Europe. Mais sur le républicanisme ! Les Républicains les plus conséquents sont ceux qui cherchent à consacrer les valeurs de la République. Or pour paraphraser Clémentine Autain qui en parlant des libéraux affirme : la liberté, ils la confondent avec le libéralisme (économique), l’égalité, ils la font reculer, la fraternité, elle est morte dans la mer Méditerranée ! Avec Frontex par exemple pour les défenseurs d’une Europe malade. L’extrême-droite a cependant elle au cours de son histoire détruit (ou cherché à détruire) la République. Elle se caractérise par un antiparlementarisme criant bien qu’elle accepte de jouer le jeu de celui-ci pour arriver au pouvoir comme avec le NSDAP, le parti Nazi d’Hitler, élu par les urnes. Le nationalisme enfin est une caractéristique de l’extrême-droite à laquelle la gauche est farouchement opposé puisqu’elle divise les travailleurs en lutte ! Elle y préfère la notion d’internationalisme, de fraternité universelle, les concepts de « peuple humain » ou encore le multiculturalisme. Peuple humain d’autant plus uni dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique, vivant tous sur la même Terre. Le mot « mélenchonistes » est répété plusieurs fois. Comme si celui-ci était le chef suprême, futur dictateur menaçant. Reprenant ce culte du chef qu’il veut abolir en passant à une 6ème République plus parlementaire. Absurde donc. Des accusations sans fondements mais aux conséquences potentiellement funestes !
Il use de l’humour, moque le chiffrage du programme[12] à travers des jeux de mots, des métaphores ! Et ce sous les applaudissements de la droite et des « centristes » ! Que c’est jolie et navrant à la fois : « À ma gauche, le général Tapioca du Vieux-Port, chauffé à blanc par des résultats qu’il surestime, ressort son marxisme architrépassé et son keynésianisme pour cour de récré : « On augmente les dépenses de 250 milliards et, hop ! cela en ramène 267 »… Dans une exaltation qui lui donne plus que jamais l’air de parler depuis le sommet d’une barricade, l’expert en « nigologie », depuis le trotskisme de sa jeunesse jusqu’au soutien inconditionnel à Poutine, a ressorti le programme commun du frigo et l’a imposé au reste de la gauche, avec, en prime, l’entrée de la France dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique ». Au mieux affligeante, au pire insultante, cette virulente diatribe touche le fond. Lorsque Mélenchon se rend en Russie, il rend visite à l’opposition de gauche, emprisonnée… pour son opposition à… Poutine ! Monsieur Sergueï Oudaltsov. La référence à l’alliance bolivarienne est une attaque des plus grossière puisqu’elle concerne le développement des nos Outre-Mer qui rejoindraient les zones de libre échange les plus proche pour une économie locale moins dépendante de l’hexagone. Mais bien sûr parler de fond avec de tels anathèmes devient impossible !
Il s’agit ensuite de critiquer Mme Le Pen. Sinon, la connivence avec celle-ci serait trop évidente. « À ma droite, l’héritière du château de Montretout, que cette circonstance n’empêche pas de parler « au nom du peuple », a une stratégie plus intelligente, donc plus dangereuse. » Il fait référence, de manière assez jouissive je dois l’avouer, à son héritage familial à la face moins dédiabolisée et au langage cru, moins politicien : celui du riche Jean-Marie Le Pen. Démasque l’imposture social qu’est Le Pen et le RN. Lui concède l’intelligence pour mieux la critiquer ensuite. Intelligence dont Jean-Luc Mélenchon serait dépourvu comparativement. Habile, d’une pierre, deux coups ! « Oublié, le père Le Pen qui n’a réussi, par ses outrances, qu’à devenir le « maréchal Pétrin » ! Depuis deux mois, le mot d’ordre est : pas de vagues. » Jean-Marie Le Pen est clairement évoqué, dévalorisé puisque réduit à son caractère de père. Une petite référence à l’État français et à Pétain… arrivé au pouvoir par l’appui des centristes !
Lorsqu’un membre du PCF, M. Pierre Laurent, lui reproche d’avoir « appelé à voter pour eux » comme la minorité en ne donnant pas de consigne de vote claire, il ne s’en défend « pas moi, mon cher collègue, pas moi... ». Soit. Mais il admet au passage que certains, de ses rangs, l’on fait.
« C’est bien simple, maintenant, quand elle passe à la télévision, c’est : sourire jusqu’aux oreilles, dents blanches, haleine fraîche et « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Elle demande maintenant à siéger au centre de l’hémicycle et fait prendre des cours de maintien à ses troupes. Attention à ce contrepied : ce pourrait bien être le baiser qui tue, pour la majorité ou pour la droite républicaine. Cela n’a pas échappé aux Insoumis, qui dénoncent déjà avec des cris d’orfraie une collusion qui n’existe pas. » Référence ici à la dédiabolisation auquel il contribue dans son discours. Tartuffe ! Cette collusion existe. Darmanin qui reprend les propositions de Le Pen, qui l’a par ailleurs félicité en séance. Macron qui reprend le langage maurassien, en fait l’apologie etc… Cela est connu et documenté.[13] M. Didier Marie, du Parti socialiste, l’interroge : « Qui a voté pour les vice-présidents RN ? ». La macronie évidemment. Beurk.
Il développe un semblant de « raisonnement » avec trois responsabilités.
1/ La gauche « Le plus navrant, c’est le naufrage d’une grande partie de la gauche. Après la défaite de 2017, le PS avait vendu son siège ; en 2022, il a vendu son âme. » La première, celle de la gauche, est-ce surprenant de quelqu’un de droite ? Le Parti Socialiste aurait capitulé pour grappiller quelques postes. C’est bien mal le connaitre, lui qui était anticapitaliste jusqu’en 1991 et qui défend aujourd’hui le programme de la NUPES, moins radical que le programme commun !!!! Mme Céline Brulin du PCF proteste à raison quand « certains ont vendu la leur il y a bien longtemps… ». Tout comme M. Yannick Vaugrenard du PS qui affirme qu’« il faut balayer devant votre porte ! ».
Les prétendues divisions ensuite : « Ils sont totalement opposés sur l’Europe et l’OTAN, sur le nucléaire, sur la loi El Khomri, sur la retraite à 60 ans, sur la VIe République ; bref, ils ne sont d’accord sur rien... ». Nous avons, rappelons-le, mis en commun 650 propositions dont 33 désaccords assumés[14] ! Ce qui est minuscule, on peut en convenir. L’Europe ? Des divergences existes, elles ont été dépassées ici dans un but commun : appliquer un programme social et écologique ! Gouverner à gauche quoi ! Et c’est cela qui fait peur au vieux Malhuret ! L’OTAN et l’international ne concernent pas les législatives. Le nucléaire fait parti des 33 nuances avec le PCF notamment. Nous sommes ensuite d’accord sur la loi El Khomri, pour l’abroger, sur la retraite à 60 ans, pour y revenir, sur la VIème République aussi. Affabulations et incantations, voilà de quoi cette intervention est le nom !
Des membres du PCF l’interpelle sur la pertinence de son discours puisqu’il s’agit de répondre à Mme La Première Ministre qui vient de faire son discours de politique général. D’abord Mme Céline Brulin : « Et à part ça, la politique du Gouvernement, qu’en pensez-vous ? ». Puis Mme Cathy Apourceau-Poly : « Ce n’est pas Mélenchon le Premier ministre ! ». Une nouvelle opportunité pour moi pour mettre en valeur la fatuité de cette « opposition » sénatoriale vis-à-vis du gouvernement.
2/ La deuxième responsabilité « des démocrates est de comprendre les raisons du vote populiste et les moyens de le dégonfler. Continuer de prétendre que les problèmes qui nourrissent cette vague n’existent pas, refuser depuis trente ans de s’interroger sur ce qui se passe est un vrai danger pour la démocratie : celui d’avancer avec un bandeau sur les yeux. » « Les démocrates » n’inclue plus la gauche. Or c’est bien la droite ou des programmes de droite qui sont appliqués depuis 40 ans (1983 et le tournant de la rigueur avec quelques saluts dont les 35 heures certes mais rien de global qui change la vie des Français et des Françaises). Tous ont appliqués les recettes libérales ou s’y sont convertis. Je parle ici du PS, enfin (et je l’espère pour longtemps) revenu à gauche avec la NUPES. Ce sont ces recettes libérales mondialisation-flexibilisation-austérité qui appauvrissent les plus pauvres et les mettent en concurrence plutôt que de viser le patron… ils visent leur voisin de palier… chômeur ou d’origine étrangère. Sous les rires satisfaits du patronat.
3/ Ne pas échouer ! « La troisième responsabilité des démocrates consiste à réussir » Pardon, mais à la vue de ce que je viens d’expliquer, vous avez déjà réussi ! Les politiques de casse du service public ont attisé la colère ! Bravo ! Maintenant STOP ! Laissez la gauche réparer tout cela.
Il termine en procurant des leçons de parlementarisme avec des mots creux : « gouverner avec une majorité relative est un défi, s’opposer aussi. Nous savons déjà que la coalition ou le pacte de gouvernement n’auront pas lieu. Ne reste donc que la méthode du « au cas par cas », qui impose de changer les habitudes : un gouvernement qui propose au lieu d’imposer, une opposition qui compose au lieu d’empêcher. » Nous comprenons une chose et pas des moindres : ce monsieur et son groupe ne sont pas dans l’opposition !
Il conclut avec le confusionnisme le plus total et le plus nuisible : « Majorité et opposition républicaines sont condamnées à se supporter » sinon « la prochaine fois, non pas la victoire d’une famille contre l’autre, mais la défaite de tous face aux populistes. » Populiste d’extrême droite, qu’il aura grassement contribué à légitimer !
Pour conclure brièvement après ce (trop) long article, je vais reprendre une réaction de M. Pierre Laurent du PCF : « C’est le Guignol du macronisme ! ». Rien de mieux ne peut définir M. Malhuret après ce discours.
[1] Groupe socialiste, écologiste et républicain (SER, gauche, PS), Groupe écologiste – solidarité et territoires (EST, gauche, EELV) et Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE, gauche, PCF) pour un total de 91 sénateurs et sénatrices, soit ¼ des sénateurs et sénatrices
[2] Groupe du Rassemblement démocratique et social européen (GDSE, « centre-gauche », PRG) ; Groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI, « centre », LREM), Groupe Les Indépendants – République et territoires (LIRT, « centre-droit », Horizons, Parti radical, Agir) et Groupe Union centriste (UC, « centre droit », UDI), pour un total de 109 sénateurs et sénatrices sur 348, soit quasiment 1/3 des sénateurs et sénatrices.
Les autres étant des sénateurs et sénatrices membres de la droite (Groupe Les Républicains, droite extrême, LR).
[3] Ces trois termes – extrémisme, violence, discrimination – peuvent être mis au pluriel pour plus d’exactitude. Ce qui n’est pas fait ici pour davantage de clarté.
[4] Importée en France par Jean-Luc Mélenchon d’Amérique latine en 2017, ce qui lui a valu bien des critiques par ailleurs de « gauche » comme de droite
[5] Si l’on prend les scores de Mme Le Pen, M. Zemmour, M. Dupont-Aignan, M. Poutou, Mme Artaud, M. Roussel et M. Mélenchon, on obtient exactement 57,84% des votes, droit au but !
[6] Ne considérant pas le PCF comme portant des propositions communistes, cela mériterait un article je sais, j’utilise ce vocable une première fois avant surement de me résoudre par commodité à les désigner comme étant les « communistes ».
[7] Par ricochet face au choc des « partis démocratiques »
[8] Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’il associe gauche et extrême-droite ! Il n’y aurait plus que d’alternance possible qu’entre la droite… et la droite ?! Drôle de vision de la démocratie !
[9] « Pour le moment »
[10] Union Populaire = LFI, PG, REV, Ensemble!, le POI et Picardie Debout par exemple mais aussi des figures du PCF, des écologistes, syndicales, des luttes multiples etc…
[11] https://celian-redon-actu-analysee.blogspot.com/2022/08/favoriser-labstention-pour-mieux-gagner.html
[12] Des plus sérieux, le seul et auquel j’ai pu assister. Voici la rediffusion : https://www.youtube.com/watch?v=a3T_FuHbLCQ
[13] Brillamment énuméré ici par le média insoumis : https://linsoumission.fr/2022/07/19/petain-macron-extreme-droite/

Commentaires
Enregistrer un commentaire