Il nous faut réduire le coût du capital !
Les injonctions libérales à la réduction du coût du travail ont la vie dure : cela coûte plus cher et cela est moins efficace que la réduction du temps de travail pour résorber le chômage. Pourtant c’est ce qui est mis en avant dans le programme de Sciences Économiques et sociales du programme de Terminale générale au lycée ! De manière dogmatique, sans remise en question du modèle dominant, si ce n’est une évocation datée de Keynes, au grand dam des professeur·es elleux-mêmes ! Très loin de l’esprit critique qui est pourtant tant vanté.
Face à cela, rappelons que le travail n’est pas un coût mais qu’il est une richesse. Et que seuls les travailleurs produisent de la richesse. Ce sont les seuls à travailler. Le capital ne travaille pas. Par ailleurs, on ne parle que de « productivité du travail » et jamais de productivité du capital ».
Rappelons aussi que les entreprises sont massivement aidées par l’Etat comme j’ai pu le souligner dans un précédent article[1]. Que ce ne sont pas moins de 200 milliards d’aides par an que l’Etat leur déverse sans contrepartie, ce qui représente 8% du PIB et pas moins de 41% du budget de l’Etat.
Rappelons enfin que le coût du capital s’accroit d’année en année. Qu’il y a quarante ans, on travaillait une semaine pour rémunérer les actionnaires et que ce volume de travail subtilisé s’élève désormais à six semaines et demie. Qu’en 2017, chaque travailleur de l’Union Européenne aurait perdu 150 euros de salaire brut chaque mois, si la part des salaires dans la valeur ajoutée était restée à son niveau du début des années 1990[2]. Les records de dividendes se multiplient et dans le même temps, l’investissement productif des entreprises chute.
Il faut donc réduire le coût du capital ! De fait, « le chômage est la conséquence des exigences excessives des détenteurs de capitaux qui réclament une forte rentabilité du capital investi, en demandant beaucoup de dividendes (ce sont des actionnaires) et en poussant pour avoir des taux d’intérêt élevés (ce sont des créanciers), ce qui réduit les capacités d’investissement et d’emploi des entreprises »[3]. Le coût du capital est alors la – une – cause du chômage.
[1] https://celian-redon-actu-analysee.blogspot.com/2023/01/les-entreprises-nous-coutent-trop-chers.html.
[2] Economie – on n’a pas tout essayé, Gilles Raveaux, Seuil, pages 160-161.
[3] « Les 12 débats interdits – comment la pensée unique s’est imposée en économie », Alternatives Economiques n°430, janvier 2023, page 27.

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